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Installations, 2018
Le mauvais oeil désigne à la fois le pouvoir qu’auraient certaines personnes envieuses et le sort subit par la personne enviée. C’est une croyance que l’on retrouve dans de nombreuses communautés, en lien avec des croyances païennes millénaires.
Selon Boris Gershman dans son étude “The Economic Origins of the Evil Eye Belief”, le schéma type pour en comprendre les causes est le suivant :
*** Efforts > Revenus > Envie > Représailles > Résultat ***
Les pratiques pour annihiler le sort sont variés : Incantations, encens, prières, apposition des mains sur certaines zones du corps et, celle qui a inspiré mon travail, le plomb coulé.
Le rituel dont je m’inspire s’effectue en chauffant un morceau de plomb dans une cuillère pour ensuite verser le liquide obtenu dans une coupelle d’eau maintenue au-dessus de la tête de la personne ciblée.
Le plomb se fige alors et la forme qui en résulte est interprétée pour savoir si le rituel a été une réussite (si le mauvais oeil est “percé”) ou si l’on doit le répéter.
Les sculptures en plomb que j’obtiens sont ensuite installées dans des cadres et forment une galerie de mauvais oeils plus ou moins « percés ». C’est une collecte de formes comme autant d’étapes avant la disparition du «mauvais oeil».
Ensembles, ce sont des instantanés de matière qui donne à voir les variations du liquide solidifié. Chaque forme est unique et reflète une expérience physique et/ou divinatoire.

Exposition Ce qu’on a sous les yeux se rend invisible, Galerie de l’Openbach, Paris
